Atelier C: Industries agroalimentaires
Modérateur :

M. Paul DERAM

Rapporteurs :
  • M. Nacer ALBANE: Ministère de l’Industrie
  • Mme Hafida MOUISSET: Ministère des Participations et de la Promotion des Investissements
Suite à la réunion du 27 février 2007, il a été retenu, notamment, les thèmes suivants :
  • Le foncier agricole et agro-industriel
  • La cohérence des politiques publiques
  • Le déficit en matière de recherche et développement
  • La régression en formation professionnelle
  • L’inorganisation des marchés
  • La faible compétitivité des entreprises
  • Le manque d’organisations par corporation de métiers
  • L’insuffisante intégration de l’exploitant et de son exploitation
  • L’insuffisance des moyens de tri, calibrage
  • La distorsion des régimes fiscaux et douaniers
  • L’insuffisance en données statistiques
  • Le choix des filières prioritaires
Problèmes et contraintes ont été largement débattus. De manière synthétique, ils ont été regroupés sous la forme du tableau qui suit. Des recommandations sont préconisées. Ont été également identifiées les filières à encourager.
Les objectifs du secteur agroalimentaire
  • La première finalité du secteur agro-alimentaire est de nourrir la population et de valoriser les productions agricoles nationales sur les marchés intérieur et extérieur.
  • Le développement d’un secteur agro-alimentaire moderne et compétitif n’est possible sans le développement simultané d’un secteur agricole moderne et compétitif.
  • Le développement du secteur agro-alimentaire est soumis à des contraintes dont certaines sont majeures. Des recommandations sont présentées pour leur traitement à l’effet de créer les conditions les plus favorables au développement du secteur.
Contraintes et recommandations

Contraintes

Propositions

1. Foncier agro- industriel
Absence de spécialisation de sites pour l'implantation des activités agro-alimentaires au niveau des zones d’activités

  • Meilleure prise en compte des contraintes technologiques et sanitaires des industries agro-alimentaires.
  • Spécialisation de certaines zones d'activités pour l'agro-alimentaire (aménagement, équipements en réseaux, etc.).
  • Affectation à ces sites des terrains excédentaires des EPE.

2. Foncier agricole privé
Processus continu de morcellement handicapant la constitution d'exploitations agricoles modernes.

  • Création de sociétés foncières agricoles régies par le droit commercial (choix sur une base volontaire des ayants droits).

3. Foncier agricole public (EAC)
Ambiguïté par rapport aux dispositifs réglementaires empêchant le développement en partenariat avec les investisseurs privés.

  • Clarifier et compléter les textes réglementaires

4. Foncier agricole public (fermes- pilotes)
Ambiguïté du statut ne permettant pas l'engagement à long terme des partenaires investisseurs privés.

  • Clarifier et compléter les textes réglementaires

5. Abandon et dégradation des actifs résiduels des entreprises publiques.

  • Accélérer la mise en application des dispositifs et des mécanismes prévus, pour leur mise à la disposition des investisseurs.

6. Absence de cohérence en matière de politiques publiques entre l'amont agricole (agriculture - élevage - pêche), l'industrie et les marchés.

  • Elaborer des politiques publiques globales prenant en compte tous les aspects et maillons des différentes filières, du producteur au consommateur (coordination interministérielle indispensable).

7. Déficit d'organisation et insuffisance des moyens attribués aux structures professionnelles existantes (chambre de l'agriculture, chambre de l'industrie et du commerce, associations interprofessionnelles).

  • L'État doit stimuler et encourager ces formes d'organisations interprofessionnelles par le biais des aides publiques

8. Régression (voir disparition) des structures de recherche et de formation professionnelle et technique, entraînant une baisse des niveaux de qualification et un manque de personnel qualifié.

  • Entamer une réflexion en concertation avec les professionnels concernés afin de redéfinir une politique de formation technologique pour l’ensemble des acteurs de la filière agro- alimentaire en vue d’appuyer la modernisation des entreprises et le développement des entreprises du secteur.
  • Augmenter sensiblement les moyens financiers de la recherche et développement, associer les professionnels à la définition des programmes et les associer progressivement à leur financement.
  • Mettre en place des services d’appui (centres techniques) financés par l’Etat, avec intégration à la gestion des organisations professionnelles et leur contribution progressive aux financements.
  • Encourager la mise en place d’incubateurs et de pépinières d’entreprises, notamment dans les activités de hautes technologies en relation avec l’Université.

9. Inorganisation des marchés :

  • favorisant le développement de l’économie informelle.
  • induisant des déséquilibres récurrents et des spéculations
  • Mettre en place des observatoires et les doter de moyens adéquats.
  • Organiser la concertation régulière entre les différentes organisations interprofessionnelles et l’Etat pour définir les mesures de régulation éventuellement nécessaires.
  • Veiller à l’application rigoureuse de la réglementation des marchés de gros d’intérêt national et international tels que les halles centrales à l’exemple des grands marchés à travers le monde

10. Faible compétitivité des entreprises sur les marchés nationaux et internationaux, liée à :

  • la non maîtrise de la qualité,
  • l’absence de traçabilité,
  • l’environnement économique de l’entreprise défavorable (relations avec les administrations).
  • Encourager et appuyer (y compris financièrement) les entreprises à adhérer aux codes de bonne conduite et aux programmes de gestion de la qualité existants.
  • Vulgariser et adopter les normes internationales.
  • Créer des labels algériens.
  • Assurer un contrôle strict du respect des normes sur les productions et importations.
  • Moderniser les administrations et agir sur leurs comportements pour plus d’efficacité à travers :
  • l’obligation des délais fermes de réponse,
  • la motivation des décisions de rejet,
  • la possibilité de recours indépendant.

11. Insuffisante intégration de l’exploitant et de son exploitation agricole dans l’économie moderne.

  • Définir un statut de l’exploitant agricole en tant qu’entrepreneur agricole et l’exploitation agricole en tant qu’entreprise sous forme, par exemple, d’une société unipersonnelle à responsabilité limitée.
  • Définir un statut fiscal de l’entreprise agricole (imposition au réel, TVA).
  • Développer un réseau de centres de gestion appuyant ces entreprises.

12. Insuffisance des moyens de tri, calibrage, stockage, conditionnement et distribution des produits agricoles

  • Encourager la création de centrales logistiques particulièrement dans les zones agricoles.

13. Distorsion dans les régimes fiscaux et douaniers vis-à-vis de l’agriculture et de l’industrie agro-alimentaire.

  • Procéder à une revue approfondie et détaillée des dispositifs fiscaux et douaniers, filière par filière, et définir les mesures favorables aux filières prioritaires en fonction de leurs objectifs recherchés.

14. Insuffisance d’informations et de données statistiques fiables et détaillées par filière.

  • Réformer et moderniser l’appareil statistique national en vue d’améliorer ses performances.
  • Inciter toutes les institutions à assurer une meilleure diffusion publique des informations (sites Internet).
Choix des filières
  • Développer la filière de transformation de produits maraîchers et fruitiers.
  • Valoriser les sous produits de la transformation des produits agricoles.
  • Renforcer l’amont et l’aval de la filière viandes blanches.
  • Développer les activités de transformation de la filière viandes rouges.
  • Développer la filière des eaux minérales.
  • Développer la filière de transformation des tabacs.
  • Développer la filière de production et de transformation des dattes.
  • Encourager les activités de transformation des produits élaborés, à très forte valeur ajoutée.
  • Encourager les investissements dans les activités d’intégration en amont pour les oléagineux (trituration des graines, développement et soutien de leur production nationale).
  • Encourager l’investissement (partenariat) dans les levures.
  • Encourager les industries de transformation des fleurs et des plantes aromatiques.
  • Encourager la filière de transformation du liège, de la forêt, et de la steppe.
  • Encourager les filières de production des condiments.
  • Moderniser les huileries d’olives.
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